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Guest blogpost by Arnaud Gavard via our contribution form.

Selon Bo Manderup Directeur Géneral de Cabinet du Parlement Européen, élever des animaux pour la fourrure ou pour la viande ne change rien pour ces derniers.

Il rejoint en ce sens les propos du couturier Karl Lagerfeld qui avait déclaré il y a peu que “dans un monde non végétarien la question de la fourrure est puéril ! ”

Un argument bancal et qui sonne faux car cela reviendrait à dire, en substance, que dans une société qui consomme encore beaucoup de viande et ou de nombreux animaux sont élevés pour leur chair, on ne peut plus progresser sur la question animale.

En d’autres termes : tout est permis !

Il faut donc sortir de cette impasse intellectuelle.

Étonnamment cette argumentation bien pratique pour ne pas remettre en question une industrie qui perdure (la fourrure), n’a pas lieu d’être en ce qui concerne les animaux utilisés à des fins de recherche scientifique.

En Europe une juste impulsion est donnée pour diminuer et un jour stopper l’expérimentation animale. Depuis plus de 20 ans l’ECVAM, le Centre de Recherche pour la Validations des Méthodes Alternatives aux Expérimentations Animales œuvre pour promouvoir ces méthodes de recherches plus éthiques.

De nombreuses autres initiatives et plateformes soutenues par les gouvernements existent dans les pays de l’Union Européenne dans cette même optique, comme le projet VPH (Virtual Physiological Human) pour la création d’un humain virtuel.

Il est reconnu par les pouvoirs publics comme par beaucoup de scientifiques la nécessité éthique de diminuer aujourd’hui, et de supprimer des que possible, les expériences sur les animaux. La demande sociétale forte est entendue par l’Europe. C’est une idée qui fait consensus chez les chercheurs.

Pourtant cette impulsion pourrait être écartée par la même assertion de Monsieur Bo Manderup qui ouvre cet article. Dans un monde non végétarien la question du bien être de ces animaux, souvent des souris ou des rats, devrait elle se poser ? A en suivre le raisonnement de Bo Manderup, non, puisque pour l’animal finalement cela ne change rien.

Pourtant c’est en effet une très bonne nouvelle qu’une partie des scientifiques se mobilisent autour d’une approche différente de la recherche sans tests sur animaux… L’ECVAM en Europe se décline en JACVAM pour le japon ou en ICCVAM pour les Etats Unis. Il y a bien une volonté globale d’en finir avec ces expérimentations animales, du moins pour une partie du monde scientifique.

Et la fourrure et ses 75 millions d’animaux tués par an ? Le rapprochement est peut-être audacieux pourtant la aussi des alternatives existent pour sauver ses animaux qui rappelons le sont tués pour un motif bien plus frivole !

Des créateurs commencent à créer leurs propres matériaux éthiques qui évitent l’usage de la fourrure et même parfois du cuir : cuirs alternatifs, liège, matériaux recyclés…

Pendant les dernières collections nous avons également vu des marques prestigieuses utiliser des fourrures synthétiques comme Calvin Klein et Tommy Hilfiger. Une autre marque Felder & Felder a créé une fourrure à base de lanières d’organza finement découpées mêlées a des extensions capillaires pour donner cet effet fourrure qu’apprécient tant les créateurs.

Qu’attend l’Europe pour donner une impulsion juste et nécessaire à une mode respectueuse en freinant l’industrie de la fourrure et en incitant la filière textile à progresser vers une production toujours plus respectueuse de la nature et des animaux ? Le monde scientifique a commencé une évolution : les chiffres d’animaux utilisés en laboratoire sont en baisse passant de 11,9 millions à 11,5 millions. Une baisse encore timide mais bien réelle.

De son côté le monde de la mode semble dangereusement régresser : 25 millions de visons utilisés en 2000 contre 66 millions en 2013 et un ordre de grandeur sans doute équivalent pour les autres animaux (renards, raton-laveurs, chinchillas). Des chiffres qui se passent de commentaire mais qui n’émeuvent pas l’Europe…Pour l’instant ?

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