The Guest Blog

Guest post by David MORENO (EN) and Dario GROPPI (FR)

Europe is all around us. We feel it whenever we look at our bank account, buy a newspaper or listen to people speaking a foreign European language on our way to work. But what is Europe’s impact in the European capital itself? How do the people of Brussels feel Europe in their daily lives, outside of the European Institutions?

Master Students in European Affairs from Brussels’ IHECS Institute organized a public debate on November 23rd in order to find an answer to that question. In front of a rather small but dedicated audience, four distinguished panelists working to bring Europe closer to the people of Brussels discussed the matter in a lively exchange of views.

The overall message was established rather quickly: Young people are the main target when it comes to promoting the European Union. All panelists talked about their youth initiatives and activities, from role plays in conferences to Internet campaigns. However, they also held dear to emphasize that the adult population plays an equally important role in maintaining the European idea.

Maité Abram, Director of the European Movement Belgium, stated that since the Danish rejection of the Maastricht treaty in 1992 there is a rift between the EU and the citizens. In her opinion, the path taken since has not been “formidable”, and many debates happen too late.

Willy Hélin, Head of the European Commission Representation in Belgium, lamented that “the people don’t know how the EU works, and it’s not their fault”. The European actors need to do more in order to awaken European interest in the mind of the public.

Carlo Luyckx, Director of the Bureau de Liaison Bruxelles-Europe, called for an improvement of the image of the EU: “Europe has bad press; it has become a big monster which imposes its law on the people”, he asserted while calling for a stronger engagement by the youth: “The young people are the deciders of tomorrow”.

That opinion was reinforced by the fourth member of the panel, Maria Laura Franciosi, Journalist and member of a commune in Brussels. She wants to see children learning about the European Union at school. Furthermore, she underlined the importance of social media in order to promote the European idea across the public and believes that every citizen has the ability to learn quickly about the importance of the EU in our lives.

Different social activities aimed at bringing together people from different backgrounds were discussed. In general, all participants supported the theory that the “Bruxellois” and the people who settled in Brussels needed to get to know each other better. However, in order to make the EU more transparent, it was also considered important to allow the citizens to have more access to employees of the EU institutions. Abram acknowledged that the “Open Days” have lost their public appeal in the course of the years. She demanded to identify a clear target group and focus on them in order to make the EU more attractive.

Yet, Hélin reminded everyone that many people don’t even go to vote at local elections. If citizens don’t care about their immediate impact on their lives, it will be even harder to make them understand the importance of the EU. Furthermore, he revealed that more and more so-called “eurocrats” can’t afford to live in Brussels and move to the outskirts of the city, thus making a permanent contact with Brussels citizens barely possible.

But overall, the mood during the debate was optimistic. The problems are well-known, but all panelists have clear ideas on how to tackle them. It will take a major effort to transmit the European idea to those citizens who until now have not shown any interest. The young people sitting in the audience, however, have received some important guidelines during the debate in order to pick up that task.

David MORENO

* * *

The impact of EU institutions in Brussels and its implications can create confusion and misjudgements in people’s minds, argues Dario Droppi. Education from an early age could solve this problem in order to become familiar with the European Idea and everyone who represents it.

* * *

Ce mercredi 23 novembre s’est tenue, au bureau de liaison Bruxelles-Europe, une conférence-débat sur l’impact de l’Europe sur la région de Bruxelles et ses citoyens. La question centrale porte sur la manière dont les Bruxellois accueillent les employés des institutions européennes, et, à l’inverse, comment ces derniers s’intègrent dans la ville. Souvent considérés de riches fonctionnaires vivant dans un ghetto européen, les eurocrates semblent constituer une classe sociale à part, accentuant une fracture déjà présente dans la société de Bruxelles. Quatre invités dont un représentant de la Commission européenne, divers représentants d’institutions tentant d’expliquer l’Europe à large échelle et une journaliste ont pris part à la réflexion.

L’accent porte sur l’implication de la jeunesse. Selon Maria Laura Franciosi, journaliste au Centre européen de Journalisme, « il faudrait apprendre l’Europe dans les écoles ». Certes, cela faciliterait la compréhension d’une Union Européenne (UE) dont les actions ne sont pas toujours claires pour le grand public. De plus l’enfant véhicule l’information vers les parents. Cela contribue à la démystification d’une institution à l’apparence floue, souvent perçue comme un endroit où beaucoup d’argent circule mais pour ne pas voir de résultats concrets. Cependant, selon la journaliste, un manque de volonté politique freine l’insertion d’une nouvelle matière à l’école.

Tant pour les jeunes étudiants que pour leur parents, la frontière entre propagande et information sur les affaires européennes n’est pas toujours bien définie. L’utilité d’associations indépendantes se fait dès lors ressentir. Willy Helin, se trouve à la tête de la Représentation de la Commission Européenne (CE) en Belgique, et insiste sur la transmission de l’information en mettant le holà sur la propagande. Pour cela il faut utiliser des exemples concrets afin d’illustrer les actions des autorités européennes. Ce projet-là mis en place dans tel but, a été (co-)financé par la CE est parlant et on apprend quelque chose par une illustration bien définie. Mais demeure, selon Willy Hellin, un manque de clarté ne fut-ce que dans la différenciation des acteurs principaux de l’UE, c’est-à-dire la Commission, le Parlement Européen et le Conseil de l’UE.

Organiser des événements qui favorisent la mixité entre Bruxellois et eurocrates, est une piste à suivre selon Carlo Luyckx, responsable au Bureau de liaison Bruxelles-Europe. Une conférence ouvre, en effet, la possibilité de débat et de se faire entendre, de part et d’autre. Bruxelles est cosmopolite, et la diversité des cultures se renforce à mesure que l’intégration européenne se poursuit permettant des manifestations à traits plus culturels comme des expositions, par exemple. Néanmoins, toucher le grand public n’est pas chose aisée selon Maïté Abram, directrice du Mouvement Européen de Belgique.

Bruxelles semble donc être la capitale de l’Europe de facto de par la présence de ses instituions. Les clivages, linguistique, politique et religieux que l’on retrouve à Bruxelles ne facilitent pas, d’une part, le travail d’intégration d’une population qui se trouve loin de son pays d’origine, cette distance ne faisant qu’augmenter avec l’élargissement, et parfois pour une période de temps limitée. Néanmoins il facilite le mélange de cultures et la diversité qui constituent la richesse d’une société d’un point de vue humain.

D’autre part, l’impasse se trouve au niveau de l’intérêt que les Bruxellois portent sur les questions européennes. L’organisation d’événements favorise-t-elle un nouveau réel intérêt de la part du public ou bien les événements ne brassent-ils pas uniquement la part de la population déjà initiée par les affaires européennes ou bien se sentant plus « citoyen européen » que « citoyen bruxellois »? Les initiatives ciblées sont effectivement une opportunité d’ouverture, et d’implication mais l’effort devrait se faire des deux côtés. Les frontières sociales de l’UE ne se limitent pas à la commune bruxelloise d’Etterbeek, où sont situées la plupart des institutions, mais elles se trouvent là où l’on décide de les installer, dans nos esprits.

Il est trop réducteur de se limiter à dire « Ces friqués d’eurocrates, ils ne font qu’augmenter les prix à Bruxelles » lorsqu’on entend parler d’un employé à la CE, tout comme trop simple de dire « Excuse me I do not speak French » si l’on est confronté à un échange oral quotidien dans une ville majoritairement francophone. L’effort, selon moi et je rejoins le propos de Maria Laura Franciosi, doit commencer dans les écoles. Willy Helin le rappelle en disant que les enfants ont un effet multiplicateur . Les possibilités sont bien présentes, et le mélange peut se faire, à petits pas, certes, mais en poursuivant, et diversifiant les façons de faire car il n’y a pas une recette miracle pour faire en sorte que les personnes se sentent impliquées.

Dario GROPPI

 

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0
Author :
Print